J’ai testé la monodiète de pommes !

J’ai testé la monodiète de pommes !

Si vous me suivez sur Instagram, vous avez peut-être pu voir que je me suis lancée dans une monodiète de 3 jours à base de pommes. Vous avez été nombreux à m’interroger sur celle-ci : Pourquoi ? Comment ? Quels effets ? Quels risques? C’est pourquoi je vous partage via cet article mes motivations et mon expérience concernant cette monodiète !

Qu’est ce qu’une monodiète ?

La monodiète consiste à se nourrir d’un seul aliment sur une période spécifique. Le but est de nettoyer et purifier notre organisme, en éliminant les toxines accumulées. Rien à voir donc avec un régime restrictif visant à perdre du poids vitesse grand V, ici il est question de détox et de bien être ! Une monodiète se fait généralement sur 3 jours, car les cellules de la flore intestinale ont une durée de vie de 72 heures. Cette durée leur permet ainsi de se renouveler entièrement sans être agressées, puisqu’elles ne reçoivent qu’un seul aliment, laissant le loisir à l’intestin de bien se restaurer et éliminer les éléments néfastes à son bon fonctionnement.

Pourquoi la pomme?

Il existe différentes monodiètes, les plus connues étant celles à base de riz et de raisins. Mais celle à base de pommes reste la plus populaire, tout d’abord car elle est pratique : Elle est facile à transporter, on la trouve toute l’année, et on peut la consommer sous plusieurs formes (crues, cuites, en compote ou en chips) et profiter de ses nombreuses variétés. Mais la pomme est surtout un bon choix de par ses qualités nutritionnelles : elle est riche en antioxydants et en pectine, une fibre qui est un bon régulateur du transit intestinal, capteur de métaux lourds ainsi qu’un excellent coupe-faim. La pomme est un bon antiseptique intestinal, ce qui en fait un aliment détox idéal, associé bien sûr à une bonne hydratation (eau, thé, infusion) pour un bon effet dépuratif.

Pourquoi est-ce que je me suis lancée ?

Si je connaissais le concept de la monodiète, je n’avais jamais vraiment été tentée de me lancer, appréhendant de me restreindre à un seul aliment durant 3 jours. Mais après la période des fêtes de fin d’année et les nombreux excès du mois de décembre, j’avais vraiment l’impression de tourner au ralenti : Fatigue, système digestif perturbé… J’ai bien compris que mon corps été en saturation. Alors je suis tombée sur la vidéo du coach Alexandre Mallier (lien direct ici) qui revient sur cette cure détox qu’il a lui même expérimenté, en s’appuyant sur la méthode Fitnext. Du coup ma curiosité l’a emporté, étant motivée à repartir sur des bases saines et retrouver ma vitalité perdue. Et puis je n’avais pas grand chose à perdre en essayant, d’autant que rien ne vaut l’expérimentation pour se faire une opinion.

Bien se préparer à la monodiète

Avant tout, il est essentiel de bien préparer son corps avant d’entamer la monodiète, afin de ne pas trop perturber l’organisme. Pour cela, il faut limiter quelques jours avant le début de celle-ci les aliments difficiles à éliminer, tels que les produits raffinés (sucre, blé…) et les produits d’origine animale (viande, produits laitiers…). Bref, on mange le plus sain possible, mais je suis sûre que c’est déjà le cas hein ! 😉

Et bien sûr, on fait le plein de pommes… BIO bien sûr ! Bah oui, on est là pour nettoyer son organisme, pas pour le bourrer de pesticides ! Combien on en achète ? Personnellement je suis partie sur une moyenne de 8 pommes par jour : 2 au petit-déjeuner, déjeuner, dîner et 1 pour la collation du matin et de l’après-midi, soit environ 4 kilos de pomme pour la totalité de la monodiète. Mais forcément, cela est à adapter selon votre faim. Pour limiter la lassitude, je vous conseille aussi de prendre différentes variétés de pomme : Granny smith, Gala, Pink Lady, Fuji… Y’a le choix !

Pour ceux d’entre vous qui pratiquent une activité sportive régulière, prévoyez de la jouer tranquille sur ces 3 jours. Personnellement j’ai choisi de ne pas faire de sport du tout, de façon à réserver mon énergie pour le travail.

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Mon expérience au jour le jour

1er jour : Ce qui a le plus marqué mon premier jour, c’est surtout la faim. Un bon creux entre chaque « repas » et « collation ». J’avais plutôt la forme, sans doute car mon corps fonctionnait encore sur les repas consommés la veille, malgré un coup de fatigue en fin de journée. Devoir se contenter de pomme sur chaque repas est franchement frustrant. Si les consommer crues est idéal pour conserver les vitamines, c’est aussi vite lassant… Du coup je me suis rapidement préparée dés ce premier jour une grande quantité de compote maison (sans sucre bien sûr, avec un soupçon de cannelle). J’ai ainsi pu alterner entre compote, pomme crue et pomme cuite au four et au micro-ondes (quand la faim était trop pressante), ce qui a rendu ce premier jour et les suivants bien moins difficiles psychologiquement. Je me suis même surprise à déguster avec plaisir la pomme déclinée sous toutes ses formes dans un même repas, jouant sur le jeu des textures et du chaud/froid. Bon, ça m’a quand même pas empêché de rêver de bouffe entre le 1er et le 2nd jour hein… 🙂

2ième jour : On m’avait prévenu, le second jour est le pire… et je confirme totaaaaaalement ! J’avais un manque flagrant d’énergie, mais j’ai surtout subi de pleins fouets les effets secondaires de la monodiète qui seraient dû à l’élimination des toxines : nausées et maux de tête… youhou ! Les nausées ont été assez fortes l’espace d’une demi-heure, les maux de tête quant à eux venaient, repartaient, revenaient… mais n’étaient heureusement pas trop puissants. Si ces effets sont le signe d’une détox efficace, il faut quand même s’y préparer car c’est tout sauf agréable… Cela dit chaque corps est différent et réagira différemment, avec des symptômes plus ou moins forts, voire inexistants. Outre l’état physique, la monotonie dans l’assiette est toujours assez pesante, d’où l’intérêt de s’occuper l’esprit ! Personnellement être au travail ce jour là, même si ça m’a pompé de l’énergie, m’a permis de penser à autre chose qu’au contenu de mon frigo (fromaaaaaaaage). Dans la même idée, le soir avec mon homme (qui m’a suivi dans cette monodiète) nous avons filé au cinéma, gobant nos chips de pomme nature à côté des autres spectateurs s’empiffrant en toute innocence de pop corn et de maltésers. OUTCH.

3ième jour : Sans dire que le troisième jour fut facile (maaaaaaaaangeeeeeeer), il a été clairement plus simple à vivre que le précédent. Pas de maux de tête ni de nausées, la faim m’a laissé assez tranquille et j’avais une bonne forme ! Bon clairement tu comptes le nombre d’heures qui te sépare du petit déjeuner du lendemain (: Mais le soir de ce 3ième jour est surtout marqué par l’immense satisfaction d’être aller au bout, j’étais pas peu fière !

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Et après la monodiète ?

Alors que tu as envie de te taper des assiettes gargantuesques, te jeter sur tout ce qui passe (fromaaaaaaaage), la fin de la monodiète doit rimer avec modération. Il faut éviter de brusquer l’organisme qui a été mis au repos les derniers jours, manger des quantités raisonnables (tout en écoutant sa faim) en favorisant la consommation de fruits et légumes, tout en réintroduisant doucement céréales et légumineuses. Personnellement j’en ai mangé dés le lendemain, car besoin d’énergie pour donner un coup de main dans un déménagement. Si le matin et le midi se sont passés sans soucis (tu es juste très vite calé), le mélange semoule/pois chiche du soir chez la belle-maman m’a donné de très forts maux de ventre… Attention, chaque corps est différent, vous passerez peut-être au travers, mais sachez que ça peut arriver 🙂 L’autre catégorie d’aliments à réintroduire avec vigilance sont les protéines animales. Pour le coup il est conseiller d’attendre au moins 2 jours avant d’en consommer de nouveau, de façon à ce que l’organisme puisse les digérer et assimiler correctement.

Et le bilan alors ?

Pour être totalement honnête, la monodiète ce n’est quand même pas une mince affaire. Car oui 3 jours c’est pas le bout du monde ok, mais mine de rien ça demande quand même de s’accrocher et de faire appel à son mental ! L’ennui s’installe vite, que ce soit dans l’assiette, mais aussi au quotidien : tu n’as pas le plaisir de te préparer de bons petits plats (et vous vous doutez que c’était dur pour moi !), tu vis un peu reclu, pas de sport, pas d’énergie… J’ai quand même eu la chance que mon homme m’ait suivi dans cette expérience, car psychologiquement le voir s’enquiller des assiettes de pâte devant moi ça m’aurait fait dégoupiller haha !

Alors oui s’imposer une monodiète ça n’a rien de très plaisant, mais les effets qu’on en retire derrière sont quand même très positifs. Alors certes, je ne suis qu’à 24h de la fin de la monodiète lorsque j’écris ces mots, je manque donc de recul pour le moment. Mais je peux déjà vous donner ma première impression : la légèreté ! Je sens que ma digestion se fait bien plus facilement, et j’ai vu aussi une amélioration au niveau de ma peau, moi qui n’avait pourtant pas spécialement de soucis à ce niveau là.

En 3 jours, j’ai quand même perdu 3 kilos. C’est énorme, même si je sais que c’est en partie lié aux récents excès. Mais quand même, il n’y a rien de très sain à perdre aussi rapidement, et je sais parfaitement qu’à l’image d’une bonne gastro, je devrais reprendre ce poids assez vite, totalement ou en grande partie du moins. Donc je le rappelle, on ne fait pas de monodiète pour perdre du poids, c’est une mauvaise motivation. D’ailleurs, je pense que cette démarche est à déconseiller aux personnes fragiles vis-à-vis de l’alimentation, notamment celles souffrant de TCA. Une telle restriction peut derrière provoquer des comportements réellement dangereux. Prudence les amis ! ❤

J’ai aussi l’impression à travers cette monodiète d’avoir pris du recul vis-à-vis de la nourriture, et notamment sur les excès enchaînés ces dernières semaines. J’apprécie d’autant plus chaque aliment, je prends plus le temps de les savourer et j’ai moins envie de plats colossaux qui vont me remplir l’estomac plus qu’il n’en faut. Avoir faim, devoir se limiter à un seul aliment, lutter contre nos envies, ça ouvre les yeux sur notre rapport à l’alimentation dans la société actuelle. On peut s’empiffrer jusqu’à ne plus en pouvoir, avoir le luxe de se demander « bon qu’est ce qu’on mange ce soir? », avaler ce l’on veut quand on le veut, quel que soit la saison, quel que soit les cochonneries dans les aliments… alors que certains, que ce soit dans le monde ou au bout de la rue, n’ont pas le dixième de tout ce que nous avons à notre disposition. « Mais qu’est ce qu’on peut y faire? », je suis d’accord avec vous, et je ne vais pas pleurer sur mon pauvre sort d’occidentale. Mais je trouve ça important de prendre parfois le temps de prendre un peu de recul là dessus,et d’y penser.

En tout cas, je suis contente d’être allé au bout de cette expérience totalement nouvelle pour moi, qui m’a amené au delà de ce que je pensais être capable. Je sens mon corps allégé, comme s’il était « tout neuf ». Peut-être bien qu’il y a aussi une part de psychologique, mais est-ce vraiment grave ? Cette impression de remise à zéro me donne d’autant plus envie de prendre soin de mon corps, et ça c’est le plus important. Je pense clairement renouveler cette monodiète, peut-être à chaque période suivant les fêtes. Je ne pense pas aller au delà de 2 fois par an, car c’est quand même assez épuisant pour l’organisme, et parce que… j’aime trop manger 🙂

J’espère que ce retour sur mon expérience de la monodiète a su répondre à toutes vos interrogations. Et qui sait, peut-être que la prochaine fois on la vivra ensemble ! 🙂

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Ma transition vers le végétarisme

Ma transition vers le végétarisme

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Il s’agit d’un article assez spécial aujourd’hui puisque je vais y aborder mon passage à l’alimentation végétarienne, enclenché il y a quelques mois maintenant. Une décision qui a forcément eu des impacts à la fois sur ma vie quotidienne, sur mon alimentation et donc sur le contenu de ce blog. Si vous me suivez sur Instagram vous avez peut-être remarqué ce changement dans mes assiettes, ou alors à travers les recettes dernièrement proposées sur ce site. Vous êtes nombreux à m’interroger sur le sujet, sur la façon dont je le vis, comment je m’y prends… Je vais tâcher de vous répondre ici, que vous soyez juste curieux sur le sujet, désireux de devenir vous-même végétarien-ne ou de diminuer votre consommation de viande/poisson. Cet article n’a pas pour volonté de faire l’apologie du végétarisme, de rentrer dans des débats ou de convaincre qui que ce soit sur LE chemin à suivre. Il s’agit tout simplement de mon expérience que je vais essayer de vous partager.

Pourquoi devenir végétarienne ?

J’ai toujours adoré les animaux, depuis mon tout jeune âge. J’ai même voulu en faire mon métier, ayant suivi une formation d’assistante vétérinaire (et puis maintenant je suis dans le social, oui bon hein). Enfant et adolescente, j’étais clairement ce qu’on appelle une « viandarde ». J’ai baigné comme beaucoup d’entre nous dans la culture gastronomique française, où la consommation de viande reste encore très ancrée. C’est finalement adulte, en cherchant à rééquilibrer mon alimentation, que j’ai commencé à diminuer la viande.

Les raisons n’ont pas vraiment d’ordre d’importance. J’ai d’abord pris peu à peu connaissance des effets néfastes de la consommation de viande, surtout la viande rouge, sur la santé (effets cancérogène, trop acide pour l’organisme, cholestérol…) en parallèle de quoi j’ai découvert bien d’autres alternatives sans risquer pour autant de tomber dans des carences (ah la jolie idée qu’elle est tenace !). J’ai aussi appris à ouvrir les yeux sur ce qu’est notre société actuelle en remettant en question ce qui semble pourtant naturel et dans la norme. Car oui, l’Homme mange de la viande depuis toujours, mais quand on voit les conditions déplorables d’élevage et d’abattage de milliards animaux (sans parler de la catastrophe écologique qui en découle), difficile de trouver du « naturel » là-dedans et de justifier avec le passé nos comportements d’aujourd’hui. Avant, je refusais de regarder les vidéos chocs tournées dans les abattoirs, sentant que ça pouvait réellement me bouleverser et me mettre face à quelque chose que l’être humain n’apprécie pas beaucoup : sa culpabilité. Peu à peu j’ai essayé de ne plus être dans le déni, d’être dans la pleine conscience et d’assumer le contenu de mon assiette. Je me suis forcée à regarder mon morceau de viande sous un autre angle : celui de l’animal mort qui n’a pas demandé à naître et mourir pour finir dans mes pâtes carbonara. La prise de conscience s’est faite doucement, mais je n’avais pas encore franchi le pas de faire correspondre mes actes avec ce qu’il me semblait être juste. J’avais encore cette impression que devenir totalement végétarienne était, selon mes propres mots, « bien trop contraignant ».

Et puis, l’élément déclencheur est arrivé, parce que bon il en faut toujours un. C’est venu de là où je m’y m’attendais le moins : de mon homme. Un jour il m’a dit qu’il aimerait qu’on arrête vraiment de consommer de la viande, au moins chez nous. J’ai un peu tiqué, appréhendant de passer le cap pour de bon… et puis « allez merde, on se lance ».

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Une transition progressive

On s’est lancé dans l’aventure sans se mettre de pression énorme, pour éviter les frustrations de peur de faire définitivement marche arrière au bout de deux semaines. Le fait de ne pas chercher forcément de changement « extrême » tout de suite a rendu les premières semaines étonnement simples, bien plus qu’on ne l’imaginait. L’idée était de ne plus acheter de viande ou de poisson (et de finir ce qu’il restait dans les placards et congélateurs hein, pas de gaspillage !), mais de continuer occasionnellement d’en consommer au restaurant ou chez nos proches.

Au restaurant, car ne pas manger de viande ni de poisson est vite contraignant et restreint souvent la carte à une salade ou à l’éternelle pizza chèvre/miel. Je caricature, mais c’est pas loin d’être la vérité dans de nombreux restaurants encore.

Chez nos proches, notamment chez nos parents, car on ne voulait pas leur imposer ce choix que l’on jugeait réellement contraignant pour eux et tellement loin de leurs préoccupations.

Alors on a commencé comme ça, à notre rythme, et surtout à deux, ce qui, je le souligne quand même, est vraiment un gros atout. Le fait de ne pas à avoir à préparer des repas différents au quotidien, rien que ça c’est énorme. Rapidement, j’ai arrêté totalement de consommer de la viande, n’en ressentant plus du tout le besoin. Cela ne correspondant ni à mes envies, ni à mes « convictions », je n’avais donc aucune raison de me forcer, que ce soit au restaurant comme chez nos proches. Néanmoins, même si ça reste très occasionnel, je continue aujourd’hui de consommer poissons et crustacés, car j’ai remarqué que j’avais encore du mal à rester de marbre face à l’appel d’un pavé de saumon grillé… Et encore maintenant je refuse de m’imposer des frustrations qui, comme dans tout rééquilibrage alimentaire, sont à mes yeux néfastes et n’entraînent bien souvent que du découragement.

Je ne suis donc pas totalement végétarienne, de toute façon je ne suis pas attachée à cette étiquette même si j’utilise souvent le terme comme raccourci. Non parce que dire à chaque fois « alors je mange pas de viande mais un peu de poisson occasionnellement parce que machin-couffin… », voilà quoi. Mon objectif désormais, à plus ou moins long terme, serait également d’arrêter de manger du poisson/crustacé. Mais je reste à l’écoute de ce que me dicte mon esprit, je laisse faire le temps, et j’évite de brûler des étapes. Je ne prétends pas que je ne mangerai plus jamais de viande de ma vie, je reste prudente sur le futur car pour moi, il est impossible de le prédire complètement. Ce que je suis aujourd’hui ne sera pas ce que je serai dans 20 ans, comme je ne suis pas aujourd’hui comme j’étais il y a 20 ans.

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« C’est pas trop dur de se passer de viande ? »

Cette question je l’ai déjà entendue pas mal de fois, et je me prépare à m’y habituer… Ce qui est logique en fait, quand on est habitué au quotidien à manger de la viande, on s’interroge forcément sur ce que provoque le fait de ne plus en consommer.

Clairement, je ne pensais pas que ça me serait aussi simple de m’en passer, à l’heure où j’écris cet article, en tout cas. On se déshabitue assez vite au goût, à l’odeur, même si j’ai conscience que le fait d’avoir ralenti ma consommation pendant des années, a forcément aidé à la transition. Et de toute façon, en plus du fait de me passer du goût, être en pleine conscience du fait de manger un animal termine de me couper l’envie.

Se passer de viande est d’autant plus simple que j’ai l’avantage d’aimer cuisiner, et surtout d’être curieuse. J’aime découvrir de nouveaux aliments (« késako le tempeh? »), de nouvelles saveurs, d’en connaître leur apports, leurs intérêts. Je n’ai pas peur de passer du temps en cuisine, de faire des loupés parfois (même si ça saoule, on est d’accord), d’expérimenter. J’adore ça de base, et devenir végétarienne (ou quasiment, on va pas revenir sur l’histoire des étiquettes) m’a amenée à découvrir de nouvelles façons de cuisiner. Aimer cuisiner est quand même un avantage pour se mettre au végétarisme, mais se mettre au végétarisme peut aussi être l’occasion de se pencher un peu plus sur son alimentation, de prendre plus le temps de cuisiner, pour être sûr d’apporter les nutriments nécessaires à l’organisme.

Le plaisir dans l’assiette ne s’arrête donc pas à de la viande ou à du poisson. Il y a bien des façons de cuisiner végétarien sans que ce soit fade ou ennuyeux, et c’est une fan de bouffe qui vous le dit !

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Alimentation : Protéines et autres produits d’origine animale

Les protéines, c’est quand même ce sur quoi on s’interroge le plus quand on décide de stopper la consommation d’animaux. D’autant plus lorsqu’on fait du sport régulièrement comme moi. Et pourtant, c’est moins casse-tête que ce que l’on pourrait croire, du moins pour ma part. Déjà parce que je ne suis pas végétalienne. Je consomme donc d’autres produits d’origine animale, tel que le miel, les laitages (sauf pour le lait, je n’achète plus que du lait végétal) et les œufs.

J’ai d’ailleurs la chance d’avoir des parents qui ont un poulailler, ce qui me permet d’avoir des œufs de poules qui gambadent et détruisent au passage la pelouse de ma mère, à son grand désarroi. Et lorsque Mesdames ne pondent pas assez comparé à ma consommation, je me rabat à défaut sur des œufs bio ou label rouge.

Je suis aussi une fanatique de fromage, ce qui permet à la fois d’apporter une note de gourmandise à mes plats ou mes repas, en plus de l’apport en protéines. Au restaurant notamment, lorsque beaucoup se font plaisir avec un gros morceau de viande, moi c’est le fromage qui me comble de bonheur ! Mais attention au piège : au quotidien il ne faut pas non plus en abuser pour compenser l’absence de viande, en raison de son apport élevé en graisse et en sel.

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Mon alimentation a surtout évolué au niveau de mes apports en protéines végétales. En priorité, j’ai augmenté ma consommation de légumineuses (lentilles, soja, haricots rouges, tofu…) ce qui n’a pas été sans causer quelques petites désagréments intestinaux. Je vous fais pas un dessin hein, mais clairement devenir végétarien c’est pas toujours hyper glamour. Je me suis vite rendue compte que mon système digestif a besoin d’un peu de temps pour s’habituer à cette nouvelle alimentation plus riche en fibres, d’autant que je consomme aussi majoritairement des céréales complètes (blé, riz…), et BIM encore des fibres. Concernant l’association céréales-légumineuses au cours d’un repas, dont on a souvent entendu dire qu’elle était nécessaire pour fournir tous les acides aminés essentiels à notre organisme (et donc des protéines complètes), les dernières études affirmeraient que c’est… un mythe. Les protéines végétales posséderaient bien tous les acides aminés essentiels sans avoir besoin d’être combinées entre elles. Pire même, associer légumineuses et céréales amènerait le corps à s’acidifier. La faute à l’acide phytique présent dans l’enveloppe des graines, céréales et légumineuses, qui a aussi la particularité de bloquer l’assimilation des minéraux présents dans les aliments ingérés, pouvant ainsi entraîner des carences. Sympa donc les théories qui se contredisent totalement…

Enfin, j’essaye au maximum d’inclure dans mon alimentation quotidienne des oléagineux (amande, noix de cajou, noisettes…) et des graines (tournesol, chia…). En général je les consomme au petit déjeuner, de façon à inclure des protéines et lipides dans un repas bien trop souvent chargé en glucides. Puis les purées d’oléagineux (on en parle du beurre de cacahuètes bande de fanatique ?) et les chia pudding, c’est trop cool !

Le Maître d'armes - Je ne mange pas de graines ! (avec Arthur qui fait la moue)

Végétarisme et vie sociale

Une des sources d’inquiétude que peuvent avoir les personnes qui souhaitent emprunter la voie du végétarisme est de gérer ce nouveau régime alimentaire en société, au travail, au restaurant, chez des proches… Même si le végétarisme gagne du terrain en France, ça reste marginal et on se retrouve vite confronté à des situations cocasses, délicates ou même désagréables.

Nous qui adorons manger au restaurant, on est un peu plus vigilants (chiants ?) sur le choix de ce dernier, histoire d’être sûr de trouver notre compte. Alors quand on est seulement nous deux ça va encore, mais quand on est accompagnés d’omnivores c’est plus délicat, car pas question pour nous d’imposer nos propres choix aux autres. En général, on fait profil bas, on suit et on s’adapte. Au pire, si vraiment rien ne fait notre bonheur sur la carte, on sait qu’on a toujours la possibilité de demander aux serveurs d’enlever tel ou tel ingrédients d’un plat… comme ça on est relou qu’avec lui (en espérant qu’il crache pas dans notre assiette…).

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En général, si vos amis et votre famille vous aiment bien et sont à minima tolérants, ils veilleront toujours à ce que vous ne mourriez pas de faim. Parfois, on a eu affaire à quelques oublis ou maladresses, car si c’est nouveau pour nous, il ne faut pas oublier que ça l’est aussi pour eux. Dans ces cas là, on relativise la situation et on en rit avec eux pour ne pas en faire un sujet tabou, leur montrer qu’on n’est pas psychorigides ni végétariens extrémistes prêts à les matraquer avec nos brocolis. C’est essentiel de ne pas être « moralisateur » avec ses proches, ou de chercher à les faire adhérer à notre vision, car c’est le meilleur moyen de les braquer et qu’ils se sentent jugés. Et considérant que j’ai mangé de la viande pendant 25 ans, je serais bien mal placée pour juger qui que ce soit à ce propos. L’important est de respecter le choix de chacun, de pouvoir en discuter librement voire même d’en débattre, sans que ce soit une obsession ou répétitif, car ça va vous saouler autant qu’eux.

Malgré ça, il se peut que dans votre entourage, certains puissent faire un blocage plus ou moins important sur votre nouvelle façon de vous alimenter. Personnellement, personne n’est venu me dire que je faisais n’importe quoi, que c’était totalement débile, qu’on mangeait des animaux depuis toujours, que j’allais avoir des carences, etc… Néanmoins, j’ai pu entendre de certaines personnes des blagues, remarques ou questions un peu lourdingues, dénigrant sous le ton de l’humour le fait que je suis végétarienne, en affirmant que eux bah « ils kiffent la vie ». Comme si moi je me forçais volontairement à devenir malheureuse… et comme si eux semblaient avoir besoin de se justifier. Ils ne vous diront jamais que ça les dérange, en général ils diront même qu’ils s’en foutent, que c’est votre choix et qu’ils n’ont aucun soucis avec ça. Pourtant, je ressens bien à travers ces comportements une certaine forme de rejet, qui n’est pas forcément conscientisée. Comme si ma décision leur renvoyait le fait qu’ils ne sont pas végétariens et qu’ils ne se sentent absolument pas capables d’entamer cette démarche, même si au fond ils la trouvent juste. Vous pouvez donc faire ressortir chez certains, malgré vous et sans même rien dire, de la culpabilité et/ou le sentiment d’être remis en cause, quitte à ce qu’ils deviennent désagréables envers vous sans même que ce soit leur intention. Manque de bol pour moi, je suis vite sujette à l’émotivité, surtout lorsque ça vient de personnes qui comptent à mes yeux. Du coup, il m’est arrivé de me braquer, et de réagir à l’extrême en devenant quelque chose que je déteste : un végétarien intolérant. En fait je déteste l’intolérance en général. Chacun doit pouvoir faire ses choix en fonction de ce qu’il lui semble le mieux pour lui-même et sans être jugé. Y’a rien qui me fout plus en rogne que les personnes qui attaquent les autres pour des actes ou décisions qui ne les atteignent pas directement. Bref, Le mieux si recevez ce genre de réflexions, c’est de prendre sur vous (promis, je me soigne !), de ne pas relever et vous dire que ça n’a rien contre vous, et que ça finira par leur passer.

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En bref, acceptez le dialogue mais faites en sorte que tout ne tourne pas autour de ça et faites abstraction des petits pics qui peuvent vous toucher mais qui ne sont souvent pas véritablement méchants. Vous pourriez même être agréablement surpris comme je l’ai été, par des personnes de votre entourage qui vous félicitent de cette décision, voire même qui aimeraient en faire de même mais qui ne s’en sentent pas encore le courage… N’hésitez pas à leur apporter votre expérience, parler de vos ressentis sur cette démarche, comme j’ai essayé de le faire à travers cet article !

N’hésitez surtout pas à me partager vos expériences, avis, envies, doutes, coups de gueule ou quoi que ce soit sur le sujet, de façon à ce qu’on puisse échanger dessus 🙂